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« La géographie, ça s’apprend par les pieds », disait Raoul Blanchard. Lorsqu’il s’agira de communiquer l’expérience de la ville, cependant, on n’aura sans doute pas de mal à dénicher un romancier pour dire que le roman est capable de bien plus d’acuité qu’un travail scientifique. D’ailleurs, le romancier n’est-il pas un peu explorateur ? Montréal et la métropolisation... est le résultat d’un travail de géographie littéraire qui vise à aborder un phénomène généralement étudié à travers ses composantes économique et politique : la métropolisation.
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Il ne se fait guère remarquer, il est plutôt du genre à se fondre dans le décor. Il a pourtant un physique particulier, une drôle de tête, une façon bien à lui de se déplacer dans l’espace et de fuir le regard du monde. Il sursaute quand on l’appelle par son nom. Il souffre d’un manque de coordination motrice. Sa mère, qui pourrait être sa grand-mère, vient le retrouver à l’école tous les matins et tous les après-midi pour l’accompagner aux toilettes. Il ne sait pas faire pipi tout seul. À son âge, c’est assez rare.
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À peine sorti d’une cure de désintoxi-cation et souffrant toujours d’un amour déçu, le jeune et brillant Nicolas, 20 ans, part à la conquête du bonheur. Admis à l’Université de Montréal, il quitte le Saguenay pour se retrouver en appartement chez son oncle bougon de 56 ans. Edgar, de son côté, accepte ce visiteur embarrassant un peu contre son gré, ne faisant que répondre à la demande de sa sœur. Se confrontent, alors, l’attitude blasée d’un baby-boomer frappé par la crise économique de 2008 et celle, toute fraîche et très exigeante, d’un rescapé qui veut tout.
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Le narrateur de cet étrange récit erre nuit et jour à travers Montréal. Tout en ruminant son dégoût pour l’humanité, il questionne des passants à propos d’une jeune fille disparue. Qui peut bien être ce détective bizarre ? Cet homme bilieux et emporté ? Un misanthrope brusquement tombé amoureux ? Ou bien un fou qui rêve à un crime obscène ? L’hostilité des chiens tente de cerner cette part fictive de l’identité humaine. Constitué de brefs chapitres, c’est aussi un livre baroque plein de haine et de désirs, de chants d’amour et de révolte. Une voix nouvelle, obsédante.
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Il y avait deux filles, l’une au ras de la ville, l’autre dans le puits, et chacune voyait ses étoiles, et la nuit protégeait leur privauté. Ça aurait pu bien tourner, mais la peur et la peur d’avoir mal de soi blessant l’autre et blessée, et le sentiment au carré d’avoir un pauvre amour minable et fautif, la peur mura le puits de l’une et cacha l’autre, heureuse ma foi mais embarrassée par des tristesses ravageuses, dans la ville, aux franges d’icelle.
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La chambre organique est une façon d’exprimer la colère à la fois malgré et à travers les lieux et les corps. Elle est un tiers-espace. Un métissage. Mais aussi une quête.
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Le public raffole de la famille Gagnon, coqueluche des médias et propriétaire des Biscuits Gagnon, fleuron de l’industrie agroalimentaire québécoise. Six frères talentueux et honnêtes, six belles-sœurs performantes et souriantes, une douzaine d’enfants mignons à croquer. La famille parfaite, quoi. Pourtant, lorsque l’entreprise familiale se voit attribuer la production exclusive de biscuits vaccinaux par le gouvernement de Jacques Chauvet, Sébastien Gagnon, l’aîné et PDG de la compagnie, demeure songeur.
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Lorsque Rober Racine publie son premier roman, Le mal de Vienne, il a déjà, dans le monde des arts visuels, une solide réputation. Aussi débarque-t-il sur la planète littérature nimbé d’une certaine auréole. Or, si ce roman étonne le monde littéraire, il apparaît moins singulier aux familiers de son œuvre plastique, tant on peut y retrouver les traces de préoccupations déjà manifestes dans ses travaux en arts visuels. Il est certain que les premiers romans de l’artiste représentent une sorte d’aboutissement.
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«J'appelle théories caraïbes les groupes d'hommes en larmes, nègres marrons affolés d'amour qui, d'une rive à l'autre, jettent leur langue nationale dans l'eau salée, dans la bouche ouverte, sans fond, de l'abysse.» «Voilà notre patrie», disent-ils, dans le patois des colonies. Parole d'eau salée, étrangère à la langue et comme incantatoire, qui ne cesse de la rendre plus profonde, à mi-chemin de l'origine et du monde. Et le poète ajouta: «Le drapeau va au paysage immonde et notre patois étouffe le tambour.»
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Je mets mes souliers. Je n'ai pas le temps de les attacher. Je cours jusqu'aux toilettes et je vomis. Je pleure aussi. Comme un enfant. En criant. Exténué. Il n'y a pas de nausée. Mais je ne peux m'empêcher de vomir. Je fais beaucoup de bruit. Je remplis la cuvette. Je ne sais pas de quoi. Il me semble ne pas avoir autant mangé depuis le matin. Je vomis des restes de la semaine dernière, des trucs du mois passé, des viandes d'une vie antérieure. Je chasse l'eau. C'est tout ce qui est en moi qui part. Je vomis encore. Cinq fois. Je pleure. Je ne peux m'arrêter de pleurer.